Je lui offris du muguet. Quoi de plus naturel en ce jour ? Elle sembla ravie, mais je sentais bien que quelque chose n’allait pas. Il faut dire que notre relation n’avait rien de simple. Elle était beaucoup plus jeune que moi et très jolie. Vraiment très jolie. À chaque instant de notre rencontre, je me demandais ce qu’elle pouvait bien me trouver et pourquoi elle s’obstinait à sortir avec un « vieux » alors que sa beauté aurait suffi à attirer tous les jeunes mâles des lieux où nous nous retrouvions. C’est par hasard que nous nous étions rencontrés. Quoique je ne crois pas au hasard.
Je ne dus même pas la séduire. Tout de suite, elle s’était intéressée à moi. Cela me flattait et je m’intéressai à elle, subjugué par cette beauté. Sa jeunesse m’éblouissait, mais me retenait aussi. Je ne voulais à aucun prix être le vieux satyre fondant sur sa proie. Notre relation durait ainsi depuis longtemps sans que nous ne soyons jamais plus touchés que par d’aimables bisous de salutations, ainsi que de longs moments où nos mains s’enlaçaient activement. Elle semblait apprécier particulièrement ce contact manuel, qui – je dois bien l’avouer – me plaisait aussi. Cela me changeait de contacts corporels trop rapides et trop superficiels, sans même qu’on puisse profiter de la beauté du visage ni de la douceur d’un geste ou de la chaleur d’une main partagée.
Bref, mon bouquet de muguets lui faisait plaisir, de toute évidence, mais je sentais bien qu’en ce jour, je ne lui apportais pas ce qu’elle voulait. Prenant sa main, jouant avec celle-ci, je finis par l’interroger sur ses désirs du moment. Le simple fait de lui poser cette question transcenda son visage. Sa beauté n’avait jamais été aussi grande. Appuyant son visage contre mon épaule, elle me murmura : « Vous serez le premier, mais… ».
Tout en osant doucement, de mon autre main, caresser ce charmant visage que je n’avais jamais vu d’aussi près, j’attendais qu’elle en dise plus. Je dus attendre longtemps pour qu’elle me dise d’un seul trait que son corps n’avait jamais connu d’autre corps, qu’elle voulait connaître le mien, mais qu’elle voulait surtout ne connaître que ma main. Je serais « le premier, mais… ».
À vrai dire, ce qu’elle me susurrait m’apportait beaucoup de sérénité. Ce défi de n’être qu’une main, la première qui plus est, m’attisait tant d’un point de vue corporel qu’intellectuel. Je lui murmurai dans l’oreille que j’étais d’accord et qu’elle ne le regretterait pas.
Ce qui s’ensuivit est difficile à décrire. Et n’a d’ailleurs que peu d’intérêt. Nous nous retrouvâmes nus. Elle s’offrit entièrement à moi, du moins à mes mains. Celles-ci la parcoururent de haut en bas, de droite à gauche, d'avant en arrière. Pas une parcelle de son corps sculptural ne fut épargnée. Lorsque mes mains, après de nombreux détours, rejoignirent le centre de son corps, elles furent accueillies avec un ravissement qu’il ne me semblait pas avoir déjà connu. Son corps et mes mains ne constituaient plus qu’une seule montée vers le désir, vers le plaisir, vers l’explosion. Lorsque celle-ci survint, je fus moi-même émerveillé. Cette femme était faite pour le plaisir. Elle le savait, mais avait choisi de découvrir celui-ci par petites étapes, sans se presser, en jouissant pleinement de chaque caresse, aussi fine soit-elle. Tout en la sentant jouir sous l’impulsion de mes doigts, je me disais que j’aimerais bien être celui qui l’emporterait vers le partage total des corps.
Je ne le fus pas. Nous vécûmes encore de bons moments, tant spirituels que charnels et toujours délicieux, mais nous finîmes par nous séparer. Naturellement, sans conflit, ni haine ni remord. Simplement, notre rencontre avait rempli son rôle, à notre plus grande satisfaction. J’avais été le « premier, mais… ». Aurais-je préféré être le suivant ? Je n’en suis pas sûr en fait. Elle m’avait permis de vivre des moments merveilleux où l’éveil d’un corps apporte en lui-même toute l’éternité.
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mardi 1 mai 2012
jeudi 2 février 2012
Le baiser
Ce que j’aime, c’est notre baiser. La rencontre de tes lèvres, le jeu délicat du dialogue et de l’ouverture, le chemin à se frayer – doucement et sensuellement – vers l’échange de nos langues, le partage de nos fluides, de nos parfums, de notre profondeur.Quand ce contact s’établit, que nos langues dialoguent autour de notre amour, que ce dialogue efface toutes les petites et grandes vexations de la journée, que je ne sens plus que ton amour et ta tendresse, que nous nous laissons aller à cette volupté, alors – quels que soient mes doutes, ma fatigue, mon spleen – je sens mon corps entier se gonfler, prêt à te rendre le plus beau des hommages. Ce sont nos bouches qui s’excitent, mais c’est surtout toute ma virilité qui se dresse. Rien que par ton baiser.
Il paraît que les prostituées refusent d’embrasser. Enfin, je suppose qu’il ne s’agit que de certaines d’entre elles. J’admire celles qui le refusent. Elles ont compris que c’est dans ce baiser que réside le véritable acte d’amour. Faire l’amour sans s’embrasser, c’est comme marcher en montagne sans regarder le paysage, ou aller à un concert sans fermer les yeux pour mieux écouter la musique, ou manger au restaurant sans déguster le vin du patron… Mais s’embrasser pour faire l’amour, c’est découvrir le nirvana au-delà du plaisir, c’est transcender l’orgasme pour en faire l’extase, c’est mourir de cette petite mort qui en devient si grande que plus rien n’a d’importance, si ce n’est nos corps qui s’entrelacent et se subliment.
Ce soir, voudras-tu de mon baiser ?
samedi 31 décembre 2011
La femme de la piscine
L’hôtel disposait d’une petite piscine, bien rafraîchissante après une belle journée de travail. La plupart du temps, en cette fin de journée où le soleil commençait à décliner, je me retrouvais seul pour faire quelques longueurs et lire quelques pages, étendu sur un transat accueillant.C’est ce que j’étais en train de faire lorsque, ce jour-là, je vis arriver une femme avec un corps superbe, d’un bronzage parfait mis en valeur par un bikini d’une blancheur immaculée. Non sans m’envoyer un sourire éblouissant, elle choisit un transat éloigné de quelques mètres, nous retrouvant ainsi face à face.
Nous étions seuls, mais je fus quand même très étonné lorsqu’elle ôta la haut de son bikini. Mon étonnement était lié au fait que je n’avais jamais vu ici une femme se dénuder ainsi. Ce n’était pas dans les habitudes. De plus, à cette heure du jour, si le soleil dardait encore, il ne devait plus favoriser les peaux bronzées. Enfin, mon étonnement – mais je devrais dire plutôt « mon ravissement » – était surtout dû au galbe parfait de ses seins où des tétons altiers semblaient narguer mes sens désormais bien aiguisés. Je ne savais plus trop vers où pointer mes yeux : mon livre était passionnant, mais ces seins étaient attirants. Bref, mes yeux sautaient de l’un à l’autre, s’attardant de plus en plus sur cette poitrine somptueuse.
Si mes regards n’étaient que furtifs, la belle – plus audacieuse que moi – me fixait calmement, avec un sourire enjôleur. Lors d’un saut visuel, je crus percevoir un saut gestuel. Sa main avait rejoint sa culotte et un doigt semblait s’y engouffrer, commençant à exercer un mouvement léger, continu et appuyé. J’étais subjugué, d’autant plus qu’elle continuait obstinément à me regarder. Son sourire, quant à lui, était toujours présent, mais prenait parfois cette forme ricturale du plaisir naissant doucement. Désormais, c’était d’ailleurs toute sa main qui se baladait au sein de ce minuscule bout de tissu. Visiblement, elle semblait experte en la matière.
Elle continuait à me regarder, mais son sourire avait disparu. En réalité, je vis bien que désormais, elle m’implorait. Son corps se tortillait sous ses caresses et je crus lire sur ses lèvres le mot « Viens ! ». Son slip à présent écarté, j’entrevoyais d’autres lèvres aussi luisantes qu’appétissantes. Je l’entendis, plus distinctement, prononcer cette subtile invitation. « Viens ! ».
Je me levai, pris toutes mes affaires, et me dirigeai vers elle. Son sourire revint aussitôt, ouvrant le temps à des plaisirs infinis. Arrivé à sa hauteur, je lui souris à mon tour en la regardant cette fois intensément. Elle était encore plus belle de plus près. Je lui dis « Bonne soirée » et je continuai mon chemin pour rejoindre ma chambre. Non mais, il ne faudrait quand même pas croire que je saute sur tout corps en recherche de plaisir !
Je la retrouvai plus tard dans la salle du restaurant. Elle était toujours magnifique et accompagnée d’un homme qui la dévorait des yeux. Je passai devant eux en cherchant à lui adresser un sourire. Mais elle ne me regarda pas, essayant de se concentrer sur les bêtises débitées par son compagnon. Son regard semblait éteint, son sourire avait complètement disparu. Comme quoi, ça tient à peu de choses !
samedi 16 octobre 2010
Libre
Nous nous étions rencontrés chez des amis. Elle était très belle et la rumeur voulait qu’il ne fallait pas faire grand chose pour partager son lit. Je ne fis rien et je le partageai. Pas lors de notre première rencontre, mais il n’en fallut pas beaucoup.Nous étions chez elle et, alors qu’il ne lui restait plus que ses sous-vêtements – d’une grande finesse, il faut le souligner – elle sortit soudain de je ne sais où un cordon noir, me le tendit et m’en dit : « Lie-moi ».
Cela ne m’était jamais arrivé et je ne sus trop comment réagir. Je lui répondis par une question, aussi simple que complexe : « Pourquoi ? ».
Je vis dans ses yeux que c’était à mon tour de l’étonner. Elle bredouilla des mots qu’elle ne semblait pas trop maîtriser : « Mais tu es mon maître… domine-moi… lie-moi… fais de moi ta chose… je t’appartiens… je… ça se passe toujours comme ça… c’est un jeu… lie-moi… tu me délieras plus tard… quand tu m’auras fait comprendre combien tu es mon maître… ça m’excite, tu comprends… lie-moi ! ».
Elle était encore plus belle que je n’aurais pu le rêver. Ses yeux m’imploraient. Je ne pus que lui dire : « Non, je ne te lierai pas. Tu es libre et je ne vois pas pourquoi je devrais t’enchaîner. Je ne suis pas ton maître… juste ton amant, ton égal. »
« Mais tous les hommes veulent… Ils ne pensent qu’à ça. Moi, ça m’amuse, ça m’excite… Ce n’est qu’un jeu, pas une question de liberté… Je t’en prie, lie-moi. »
Je lui répétai qu’il n’en était pas question, que jamais je ne pourrais utiliser le moindre symbole de violence vis-à-vis d’une femme. Complètement perdue, elle se coucha sur le lit, se recroquevillant quelque peu. Je m’étendis derrière elle et l’enlaçai avec toute la tendresse que je pouvais. Je lui expliquai que depuis ma tendre enfance, toute forme de violence m’était insupportable. J’avais pu être témoin, plus d’une fois, de violences vis-à-vis de femmes qui m’étaient chères ou, simplement, que je connaissais. Cette violence m’avait toujours révoltée. Il n’y a pas que la femme qui en est victime. Il est plus correct de parler de violence conjugale, où chaque membre du couple peut être bourreau ou victime.
Pendant que je la caressais doucement, elle me dit qu’elle aussi n’aimait pas cette violence conjugale, mais qu’il ne s’agissait pour nous que d’un jeu. Elle savait que je ne serais pas violent avec elle. Je lui expliquai que la violence symbolique est parfois plus grave encore que la violence physique. On a beau être soi-disant des adultes consentants, on joue un jeu de violence, comme les enfants. Je ne voulais ni la lier, ni la fesser, ni la considérer comme un objet sexuel. Je savais bien que notre aventure serait sans lendemain, mais ce devait être pour moi une aventure faite de respect mutuel, entre deux adultes libres et fiers de l’être, préférant la caresse douce à la fessée insidieuse, fut-elle douce elle aussi.
Tout en parlant, j’avais senti son corps se rapprocher du mien, s’y incruster. J’avais retiré son soutien-gorge pour découvrir des seins voluptueux, qui ne m’empêchaient pas de sentir les battements de son cœur. Lorsque mes doigts se faufilèrent dans sa culotte, ils furent accueillis de la plus belle manière qui soit. Elle se retourna bientôt, retira sa culotte, et me conduisit en elle. Nous eûmes un long dialogue corporel, qui sembla la combler quelques fois. Nous finîmes par exploser ensemble en nous serrant étroitement l’un contre l’autre.
Plus tard, elle me dit avoir ressenti des sensations inconnues. Elle n’en était pas sûre tout à fait, mais il lui semblait que pour la première fois, peut-être, elle s’était sentie entièrement libre.
Elle continua à vivre sa vie comme elle le sentait, son cordon continuant souvent à l’accompagner. Nous continuâmes à échanger parfois nos corps dans des mouvements libres. C’était pour elle chaque fois un moment important, ressourçant. Elle m’avoua cependant qu’elle avait encore besoin de ses liens en d’autres circonstances, mais qu’il y avait des choses qu’elle n’acceptait plus.
jeudi 3 décembre 2009
Frémissement
Le jour où pour la première fois j’ai caressé ton corps, j’ai frémi à en mourir. Je ne suis pas mort pour autant. Au contraire, depuis lors, je vis. À chaque caresse, j’explore un nouvel univers, je découvre de nouveaux horizons, je hume de nouveaux parfums.C’est toujours ton corps pourtant, simplement. C’est aussi toujours le mien, plus banalement encore. Mais notre rencontre est telle qu’elle défie tout entendement.
J’ai pu croire parfois qu’il nous fallait aller chercher ailleurs, nous ressourcer dans de nouveaux fluides et de nouvelles sensations. C’est sans doute ce qui m’a amené ici. Mes rêves les plus fous étaient désormais possibles et permettaient de s’envoler au-delà de notre banalité quotidienne.
J’ai continué à caresser ton corps et je frémis tout autant. Lorsque je te pénètre, c’est tout l’univers qui s’offre à moi. Lorsque tu parcours mon corps de tes mains et de tes lèvres, tous les horizons se découvrent. Lorsque je m’abreuve au creux de ta grotte, je m’enivre de tous les parfums du monde.
Qu’il est bon de t’aimer.
dimanche 25 octobre 2009
Déferlement
Je m’émerveille toujours devant ce déferlement de tous les sens, cette explosion qui surgit au plus profond de ton corps pour t’envoyer vers des horizons dont je ne peux pas imaginer l’intensité et la libération.L’orgasme masculin est souvent brutal, extériorisé, fulgurant. Celui de la femme est un sommet qui s’éternise, un basculement en spirales successives qui déverse des torrents de frissons et d’étincelles.
Les mots n’ont alors plus de sens. Il ne reste que ces corps qui vibrent ensemble, qui célèbrent leur communion dans un mouvement céleste et divin.
mardi 20 octobre 2009
Baiser
Au bout du compte, il n’est pas de plus grand délice que la rencontre de nos lèvres. Bien sûr, nos caresses sont éblouissantes. Bien sûr, le plaisir que nous pouvons nous procurer grâce à nos lèvres et notre langue qui visitent l’autre intimité la plus profonde est incommensurable. Bien sûr, nous sentir interpénétrés et jouir des tensions de nos corps représentent une félicité sans fin.Mais s’embrasser. Dialoguer par la douceur de nos lèvres. Risquer une rencontre des langues. Explorer la bouche de l’autre. Se laisser envahir par tant de passion et de discours silencieux. Je ne m’en lasse pas.
Souvent, il suffit d’un baiser délicat pour dresser mon arme délicieuse. Et lorsqu’elle se fatigue parfois en cours de route, c’est avant tout notre rencontre buccale qui la relance vers les merveilles de la sensualité.
Un baiser ne ment pas. On peut se pénétrer sans amour. On peut jouir par simple plaisir. On peut même atteindre l’extase par un échange de fluides corporels. Mais il n’est pas possible de s’embrasser sans trahir la présence ou l’absence d’amour qu’on a pour l’autre.
Que j’aime t’embrasser !
mercredi 23 septembre 2009
Liberté nage
Je n’ai rien d’un libertin. Je n’ai rien contre ceux qui le sont. C’est leur histoire. Mais moi, je n’en ai ni le besoin ni l’envie. Ce qui ne veut pas dire que je n’ai pas de fantasmes, bien au contraire !Je vis depuis près de 26 ans avec la même compagne. Elle m’aime. Je l’aime. Depuis que nous sommes ensemble, je lui suis « fidèle » et j’ai l’humilité de croire qu’elle le fut aussi. C’est une question de connivence entre nous, de confiance. Ça nous convient bien. Et malgré ces trois mots, on n’en est pas plus cons pour autant.
Cela ne veut pas dire que je n’ai pas désiré d’autres femmes. À vrai dire, j’en désire souvent. Les femmes sont si belles, si désirables, si tentantes. Mais il est aussi si agréable de ne vivre qu’avec ce désir que j’en suis toujours resté là. Juste de quoi attiser les sens, de rêver à l’interdit, de se projeter dans le plaisir. Le plaisir réel de retrouver l’intimité de ma compagne n’en est ensuite que décuplé.
Pas le besoin de courir à droite et à gauche pour assouvir des rêves qui ne le seront de toute façon jamais. Pas le besoin de multiplier les expériences pour goûter le plaisir de caresser un corps, de dialoguer avec lui, de s’interpénétrer. Un seul corps suffit quand on sait qu’en plus du plaisir, on y trouve l’amour !
Les histoires que je raconte ici sont soit vraies soit fantasmées. Les fantasmes ont cette force de pouvoir nous emmener vivre des aventures extraordinaires, là où la liberté nage en plein bonheur. Je raconte aussi – heureusement – des histoires vraies. Soit elles sont alors vécues avec ma compagne, même si elles sont sans doute enjolivées parfois. Soit elles ont été vécues dans une autre vie, quand j’étais jeune et beau. Finalement, ça n’a pas beaucoup d’importance. Ces histoires, ces instants, ces sensations, je prends autant de plaisir à les fondre dans des mots qu’à les vivre, que ce soit physiquement ou mentalement.
Avec tout ça, je suis heureux, merci ! C’est bien pour ça que je déclare aujourd’hui mon non-libertinage. Depuis que je parcours – avec beaucoup de plaisir – quelques blogs érotiques, je suis frappé par la tristesse qui émane de nombre d’entre eux. Décidément, le fait de courir les corps ne semble pas vraiment apporter la plénitude de l’esprit. Ce qui ne veut pas dire d’ailleurs qu’elle ne peut pas l’apporter. Il y a tant de diversités…
Dans « Barabbas », une chanson bien éloignée de ces questions, Georges Chelon déclare « Chacun fait son lit comme il se couche… ». Il a bien raison. Ma liberté m’appartient !
vendredi 11 septembre 2009
Tendresse
J’aime tout autant, peut-être même plus encore, quand simplement nous nous entourons de nos tendresses respectives, quand la simple chaleur du contact des corps suffit à remplir le vide de nos têtes, quand la douceur de nos peaux irradie celle de l’autre, quand je te sens simplement nue, confiante, sans défense, sans tension.
Il n’est pas toujours nécessaire de réchauffer l’atmosphère par le déchaînement de nos corps pour atteindre le nirvâna. Te sentir comme moi sans aucune barrière, vibrer au rythme de ton souffle, réconforter nos désespérances par la force de nos mains tendres suffisent souvent à rejoindre d’autres cieux libérés de toute contingence.
mercredi 12 août 2009
En vie
J’avais envie de toi. Ça ne s’explique pas. Ça se vit. Soudain, une soif inextinguible m’avait pris, partout dans le corps. Ma bouche avait envie de ta bouche. Mes mains avaient envie de tes seins. Et surtout, mon pénis avait envie de se fendre en toi. J’avais une folle envie de toi.Tu n’étais pas là. Tu m’avais dit que ton absence ne serait pas longue, mais cela faisait des heures que je t’attendais. J’avais envie de toi et tu n’étais pas là.
Il me restait bien ma tête. Elle tournait à plein régime. Je fermais les yeux et je sentais ton odeur, je caressais ta peau, je me délectais de ta bouche et de ta cyprine, je te pénétrais avec douceur, j’allais et je venais dans ton ventre… tout ça, rien qu’en fermant les yeux. C’était bon, mais cela ne suffisait pas à éteindre mon envie de toi. Mon corps avait envie du tien. Et tu n’étais pas là.
Il me restait bien mon corps. Mes mains pouvaient exciter mon membre. Mes doigts pouvaient stimuler mon gland, y faire naître le doux liquide annonciateur, le picoter jusqu’à me faire frémir. C’était aussi bon, mais cela ne suffisait pas plus à étancher ma soif de toi. Je voulais me garder pour toi. Mais tu n’étais pas là.
Soudain, j’entendis la porte s’ouvrir. Je levai les yeux. Tu étais là. Resplendissante. Lumineuse. Si attirante. Je ne pus résister, mon attente avait été trop longue. Je t’ai prise dans mes bras. Je t’ai déshabillée sans trop savoir comment. Je te mangeais de partout. Tu étais si bonne. Si douce. Si chaude. Si ouverte. Je t’ai pénétrée et il me semble que tu n’attendais que ça. J’allais et je venais dans ton ventre… mais cette fois, mes yeux étaient grands ouverts et se régalaient de toi, alors que je sentais ton ventre m’aspirer et me serrer. Nos souffles étaient à l’unisson, de plus en plus courts.
J’avais envie de toi. Ça ne s’explique pas. Ça se vit. Soudain, une déferlante nous envahit, partout dans le corps. C’était si bon, si profond.
Tant que j’aurai envie de toi, je serai en vie.
samedi 13 juin 2009
Rien de plus sain
dimanche 3 mai 2009
Fantasme, fan d’âme
Il est de ces images dont on ne peut s’empêcher de rêver. On s’y construit un scénario, immuable ou non, et on s’y prélasse en en goûtant tous les contours. On leur donne cette fantaisie irréelle qui les distingue plus ou moins clairement de notre réalité. Elles nous donnent à leur tour cette satisfaction imaginaire, tellement riche et puissante qu’elle suffit à elle seule pour combler nos pulsions les plus délicieuses.Le passage à l’acte n’a alors pas beaucoup d’importance. Somme toute, n’est-ce pas plus onirique de se laisser glisser dans ses fantasmes et de se laisser conduire là où on le veut bien que d’être confronté à une réalité qui est souvent plus sournoise et glauque ? Bien plus, une réalité plutôt décevante peut parfois se transfigurer si on laisse nos fantasmes l’éclairer sous un jour plus libidineux, même s’il n’est qu'illusoire.
Peut-on vivre sans fantasme ? Sans doute. À part de la respiration, on peut se passer quasiment de toutes les choses de la vie, peu ou prou. On peut bien sûr laisser pourrir tous nos fantasmes dans un coin obscur de notre cerveau… C’est vraisemblablement ignorer une belle part de son âme. Finalement, un fantasme n’est-il pas avant tout une marque de notre spiritualité ? Fantasme, fan d’âme…
jeudi 26 mars 2009
Corps, t’ai-je ?
Comment dire ?Un corps de femme, c’est un univers toujours à découvrir, dont on ne fait jamais le tour, qui reste inlassablement un terrain à défricher où l’on perçoit tant de merveilles renouvelées qu’on ne finira jamais de l’explorer et d’en contempler les charmes.
Il y a d’abord la douceur. Comment peut-on avoir une peau aussi fine ? On a beau la caresser sans discontinuer, on ne se lasse pas de ce toucher libidineux, où la soie rivalise avec le satin. Vraiment, la fraîcheur de la peau d’une femme ne peut trouver nulle rivale. C’est toujours en elle qu’on trouve la vérité.
Il y a ensuite la rondeur. À tout endroit, on ne trouve que courbes. Elles s’enchaînent dans un souffle de chaleur. D’une colline à une gorge, d’une cime à une faille, on sillonne des territoires connus, mais dont les mystères ne se laissent jamais maîtriser. À chaque caresse, on distingue d’autres monts.
Il y a encore la distance. L’incommensurable qu’il faut parcourir pour passer d’un lobe délicat d’une oreille secrète à un bout de pied qui décèle toute l’authenticité du corps qui sait ce qu’est le monde et la vie. Il y a aussi cette marge qui fait que jamais on ne peut se dire qu’on en a la maîtrise. Le corps de la femme garde toujours une part de contrées secrètes et inaccessibles.
Il y a enfin l’humus, ou le fluide. Tous ces cours d’eau qui jalonnent l’exploration jusqu’à éblouir le chemin, le rendre limpide, coulant, liquoreux… Les fontaines féminines surgissent au moment où on ne les attend pas, sublimes invitations à des voyages encore plus luxurieux et démoniaques.
Un corps de femme, encore des flammes.
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