mardi 1 mai 2012

Premier, mais…

Je lui offris du muguet. Quoi de plus naturel en ce jour ? Elle sembla ravie, mais je sentais bien que quelque chose n’allait pas. Il faut dire que notre relation n’avait rien de simple. Elle était beaucoup plus jeune que moi et très jolie. Vraiment très jolie. À chaque instant de notre rencontre, je me demandais ce qu’elle pouvait bien me trouver et pourquoi elle s’obstinait à sortir avec un « vieux » alors que sa beauté aurait suffi à attirer tous les jeunes mâles des lieux où nous nous retrouvions. C’est par hasard que nous nous étions rencontrés. Quoique je ne crois pas au hasard.

Je ne dus même pas la séduire. Tout de suite, elle s’était intéressée à moi. Cela me flattait et je m’intéressai à elle, subjugué par cette beauté. Sa jeunesse m’éblouissait, mais me retenait aussi. Je ne voulais à aucun prix être le vieux satyre fondant sur sa proie. Notre relation durait ainsi depuis longtemps sans que nous ne soyons jamais plus touchés que par d’aimables bisous de salutations, ainsi que de longs moments où nos mains s’enlaçaient activement. Elle semblait apprécier particulièrement ce contact manuel, qui – je dois bien l’avouer – me plaisait aussi. Cela me changeait de contacts corporels trop rapides et trop superficiels, sans même qu’on puisse profiter de la beauté du visage ni de la douceur d’un geste ou de la chaleur d’une main partagée.

Bref, mon bouquet de muguets lui faisait plaisir, de toute évidence, mais je sentais bien qu’en ce jour, je ne lui apportais pas ce qu’elle voulait. Prenant sa main, jouant avec celle-ci, je finis par l’interroger sur ses désirs du moment. Le simple fait de lui poser cette question transcenda son visage. Sa beauté n’avait jamais été aussi grande. Appuyant son visage contre mon épaule, elle me murmura : « Vous serez le premier, mais… ».

Tout en osant doucement, de mon autre main, caresser ce charmant visage que je n’avais jamais vu d’aussi près, j’attendais qu’elle en dise plus. Je dus attendre longtemps pour qu’elle me dise d’un seul trait que son corps n’avait jamais connu d’autre corps, qu’elle voulait connaître le mien, mais qu’elle voulait surtout ne connaître que ma main. Je serais « le premier, mais… ».

À vrai dire, ce qu’elle me susurrait m’apportait beaucoup de sérénité. Ce défi de n’être qu’une main, la première qui plus est, m’attisait tant d’un point de vue corporel qu’intellectuel. Je lui murmurai dans l’oreille que j’étais d’accord et qu’elle ne le regretterait pas.

Ce qui s’ensuivit est difficile à décrire. Et n’a d’ailleurs que peu d’intérêt. Nous nous retrouvâmes nus. Elle s’offrit entièrement à moi, du moins à mes mains. Celles-ci la parcoururent de haut en bas, de droite à gauche, d'avant en arrière. Pas une parcelle de son corps sculptural ne fut épargnée. Lorsque mes mains, après de nombreux détours, rejoignirent le centre de son corps, elles furent accueillies avec un ravissement qu’il ne me semblait pas avoir déjà connu. Son corps et mes mains ne constituaient plus qu’une seule montée vers le désir, vers le plaisir, vers l’explosion. Lorsque celle-ci survint, je fus moi-même émerveillé. Cette femme était faite pour le plaisir. Elle le savait, mais avait choisi de découvrir celui-ci par petites étapes, sans se presser, en jouissant pleinement de chaque caresse, aussi fine soit-elle. Tout en la sentant jouir sous l’impulsion de mes doigts, je me disais que j’aimerais bien être celui qui l’emporterait vers le partage total des corps.

Je ne le fus pas. Nous vécûmes encore de bons moments, tant spirituels que charnels et toujours délicieux, mais nous finîmes par nous séparer. Naturellement, sans conflit, ni haine ni remord. Simplement, notre rencontre avait rempli son rôle, à notre plus grande satisfaction. J’avais été le « premier, mais… ». Aurais-je préféré être le suivant ? Je n’en suis pas sûr en fait. Elle m’avait permis de vivre des moments merveilleux où l’éveil d’un corps apporte en lui-même toute l’éternité.

lundi 23 avril 2012

Matinale

Il faut bien l’avouer, notre première nuit fut un fiasco ! Déjà, j’avais mis longtemps à l’approcher. Nous nous étions rencontrés à plusieurs occasions. Dès la première, elle m’avait attiré. Visiblement, je ne lui étais pas indifférent, mais à chaque fois, elle s’en était allée seule et épanouie.

C’est lors du mariage d’amis communs que nous nous étions retrouvés. La mariée était une de mes anciennes maîtresses et je crus comprendre que le marié devait avoir connu le même type de relation avec celle qui était - ô miracle - ma voisine de table. J’eus donc tout le temps qu’il fallait pour mieux l’approcher et nous apprivoiser. Lorsque la soirée se termina, je lui proposai de la raccompagner. Elle accepta et en fit de même lorsque je lui demandai si je pouvais visiter son appartement.

Une fois entré dans celui-ci, je la vis rejoindre la salle de bains et en ressortir assez rapidement, juste habillée de dessous affriolants. Elle rejoignit la chambre, sans me dire un mot. Je passai à mon tour dans la salle de bains et entrai dans la chambre, nu comme un ver. Elle était déjà couchée et semblait dormir. Je me glissai à ses côtés, voulus la prendre dans mes bras pour la caresser… mais elle n’était plus qu’une masse inerte et semblait bien décidée à le rester ! Je n’avais plus qu’à dormir. Plus d’une fois, durant la nuit, j’essayai de raviver ce corps, mais sans succès. C’était comme si je n’existais pas.

Il était encore tôt lorsque je la sentis se lever, sans un geste pour moi. Mon ouïe me permit ensuite de deviner qu’elle prenait une douche dans la salle de bains. Je m’étais résigné. De toute évidence, ce n’était pas pour cette fois. Encore fatigué, je continuai à somnoler en rêvant à d’autres nuits, plus chaudes.

Perdu dans mes rêves et engoncé dans un demi-sommeil, il me sembla sentir des mouvements sur le matelas. Je n’y prêtai guère d’attention alors que je me remémorais les quelques nuits brûlantes que j’avais passées avec la mariée. Je ne compris pas tout de suite ce qu’il m’arrivait. Dans mes rêves, je revivais les baisers passionnés de la mariée, mais ceux-ci me semblaient plus appuyés et plus parfumés qu’ils ne l’avaient été en réalité.

Je mis un certain temps pour me rendre compte de la réalité. Je continuais à « embrasser » dans mes rêves, mais je sentais bien que ma langue avait fort à faire. D’un autre côté, la bouche que j’embrassais semblait se déplacer plus que de coutume, s’appuyant parfois fortement sur mes lèvres. Mais était-ce une bouche ? Étaient-ce des lèvres ? C’étaient les miennes, mais je dus me rendre à l’évidence : j’étais en train d’embrasser goulûment l’intimité la plus intime de la belle qui ne m’avait jusque là manifester aucune marque d’affection. Elle s’était agenouillée au-dessus de ma tête et lovait sa grotte délicate avec insistance sur ma bouche pour se laisser ravir par ma langue. Celle-ci ne demandait que ça ! Lorsque je compris enfin ce qui se passait, j’entrai pleinement dans cette sublime réalité et je m’abreuvai à cette source qui s’offrait à moi. Il ne fallut que quelques minutes pour qu’elle s’appuyât lourdement sur ma bouche secouée par des spasmes magiques. Ce furent les premiers, mais pas les derniers.

À peine remise de ses émotions (je ne suis pas sûr que je l’étais des miennes), elle se retourna – continuant à présenter à ma bouche ses lèvres intimes – et enroba de la sienne mon soleil de nuit, peu habitué à briller en matinée. La sensation était délicieuse. Pourtant, j’eus l’impression qu’elle était plus concentrée sur son propre plaisir que sur le désir de faire naître le mien. Avec le recul, je crois qu’elle ne faisait que temporiser en ce qui me concerne, tout en s’activant avec insistance pour jouir pleinement de l’abonnement au plaisir qu’elle avait décidé de s’octroyer.

Elle me fit ainsi découvrir une nouvelle fois cet art mystérieux et typiquement féminin de pouvoir conduire et maîtriser le rythme amoureux jusqu’au moment où la femme rejoint le nirvana sans jamais laisser l’homme exploser de plaisir. Elle m’emmena ainsi vers des sommets progressifs où je croyais chaque fois atteindre le septième ciel. Elle y arrivait chaque fois avant moi, en profitait pleinement, puis se mouvait délicatement et recouvrait de ses lèvres mon volcan pour en retarder l’éruption tout en maintenant la lave active.

Je ne sais plus trop dans quelle position nous étions lorsque je sentis que cette fois je ne pourrais résister. Elle le sentit aussi, se retira de mon membre, et l’engouffra littéralement dans sa bouche afin de ne perdre aucune goutte de mon plaisir. Ce fut un jaillissement suprême. J’étais entièrement cette sève qui giclait dans cette bouche accueillante et chaude. Mon cri de jouissance n’eut d’égal que sa ferveur à se délecter de mon sang.

Lorsque nous reprîmes nos esprits, je la regardai. Elle était belle et lumineuse. Ses yeux pétillaient. Elle rapprocha ses lèvres des miennes. C’était la première fois que je les découvrais. Nous nous donnâmes un long et langoureux baiser. C’était le premier, mais pas le dernier. Elle me susurra alors à l’oreille « J’adore les petits déjeuners. Veux-tu en partager avec moi ? ».

dimanche 18 mars 2012

Retrouvailles entre hommes

Nous étions une dizaine de copains d’études à nous retrouver chez l’un d’entre nous. Il avait réussi, comme on dit, et habitait une bien jolie maison perdue dans les bois. Il nous avait invités pour un week-end souvenir, entre hommes. Sauf qu’il était marié et que sa femme était bien jolie, tout en étant d’une timidité assourdissante.

Je ne sais si elle avait ou non reçu des instructions en ce sens, mais si elle nous avait accueilli avec politesse lors de notre arrivée, nous ne l’avions plus vue ensuite. C’étaient vraiment des retrouvailles entre mecs !

Après une nuit de folie où nous avions passé notre temps à refaire le monde tout en vidant quelques bouteilles, nous étions pour la plupart partis faire une balade dans la propriété de notre hôte. J’avais un peu la tête dans le cirage et après quelques centaines de mètres, je décidai de rentrer dans la maison espérant y trouver une aspirine quelconque ! Je ne faisais guère de bruits, mais lorsque j’entrai dans le salon, je fus stupéfait d’en entendre certains reconnaissables entre tous. Il y avait de l’amour dans le coin. Je ne tardai pas à découvrir le corps nu du plus timide de mes amis. Visiblement, il labourait de belles terres, dont je ne voyais que les jambes fines et les bras enserrant son cou. Je crus reconnaître les pieds de notre hôtesse, mais je n’en étais pas sûr, car je n’avais fait que les entrevoir. En tout cas, ces deux-là avaient l’air de prendre beaucoup de plaisir à cette rencontre impromptue.

Le spectacle était joli, mais j’avoue que je cherchais avant tout de l’aspirine et je continuai mon chemin. Je finis par en trouver dans la salle de bains et m’en allai en attendre les effets en m’allongeant sur mon lit. Lorsque je me sentis mieux, je descendis vers le salon. Les amis n’étaient pas encore rentrés, mais quelle ne fut pas ma surprise de découvrir exactement au même endroit les mêmes jambes délicates avec les mêmes pieds que je reconnaissais maintenant avec certitude et les mêmes bras enserrant cette fois le cou d’un autre copain que je savais spécialement enclin à la chose.

Je sortis et j’essayai de retrouver les autres, sans succès. Je revenais chaque fois vers le salon où je découvrais inexorablement les mêmes jambes et les mêmes bras de notre hôtesse serrant contre elle un corps nu qui, lui, n’était jamais le même.

Lorsque, enfin, je retrouvai mes amis, le compte était là : il y avait notre hôte et puis les huit autres comparses dont j’étais sûr d’avoir vu la raie anale vibrer au rythme des convulsions de notre hôtesse. Lorsqu’il me vit, notre hôte s’exclama : « Mais où étais-tu ? Chacun de nous t’a cherché, en vain ! J’ai moi-même fouillé chaque buisson du jardin ! ».

Nous partageâmes un dernier repas, toujours entre hommes. Lorsque nous nous apprêtâmes à rentrer chacun chez nous, la charmante épouse de notre hôte surgit d’on ne sait où. Je n’eus aucune difficulté à identifier ses jambes si délicates et ses pieds d’une pureté exemplaire. Elle se laissa altièrement baiser la main par chacun de mes camarades qui prenaient congé de nos hôtes, mais lorsque ce fut mon tour, elle approcha son visage du mien pour me faire la bise. Je l’entendis alors murmurer : « Il me semble que nous n’avons pas pu faire plus ample connaissance. Il faudra que vous reveniez ! ».

samedi 25 février 2012

Le corps d’une fée

Je n’avais jamais oublié les doigts de cette fée qui m’avaient transporté au-delà de l’extase, un jour que je m’étais aventuré dans ce salon de massage pourtant tout à fait conventionnel. Il m’arrivait souvent d’y repenser et, chaque fois, je sentais gonfler cette partie de moi qu’elle avait su si bien apprivoiser. C’était comme si elle me massait encore, avec cette même sensualité électrique.

Repassant une nouvelle fois devant ce salon – était-ce un hasard ? – je ne pus résister à l’appel. Je savais que j’avais peu de chance de retrouver la même masseuse dont je n’avais d’ailleurs pas pu voir le visage ni quoi que ce soit d’autre. Je ne connaissais que ses doigts, alors qu’elle connaissait tout de moi. Sans trop d’espoir, j’entrai à nouveau dedans la chambre de massage et me couchai sur la table, en veillant à recouvrir mes fesses de la serviette qu’on m’avait donnée à cet effet. L’ambiance était douce. Lumière tamisée. Senteurs d’Orient. Musique relaxante.

Quelqu’un entra dans la pièce, sans bruit. Je m’attendais à sentir des mains parcourir mon corps, mais ce ne furent que des doigts qui déambulaient assez rapidement et légèrement, des pieds à la tête, de celle-ci au bout de mes bras. Cela dura quelques minutes. Je ne savais pas si ces pas de doigts me détendaient ou au contraire m’attisaient. En tout cas, tous mes sens étaient mis en éveil par ce traitement étonnant. J’entendis alors un murmure. Sa bouche était juste à côté de mon oreille. C’est à peine si je compris ce qu’elle me susurrait : « Levez-vous ! À votre tour ! ». Lorsqu’elle me répéta ces mots, je décidai de me lever. J’eus à peine le temps de me mettre debout et de me retourner pour la voir qu’elle était déjà couchée sur la table.

Je découvris un corps de rêve, nu, disponible, mais sans visage. Sa peau était ambrée. Ses épaules délicates descendaient vers un creux des reins ciselé de manière parfaite. La courbe repartait alors pour découvrir deux monts jumeaux d’une rondeur irréprochable, séparés par un sillon harmonieux. Au pied des monts, deux jambes inouïes, dont le galbe impeccable invitait à la caresse.

Ne sachant que trop faire, je ne résistai pas à cette invitation. Je laissai couler quelques gouttes d’huile sur ces jambes que je commençai à masser. Je n’ai aucune science à cet égard, mais ayant pu plus d’une fois bénéficier de tels traitements, je me sentais à même de rendre la pareille.

Mes doigts parcoururent donc – avec fermeté et sensualité – ce corps de rêve. Je commençai par les jambes pour remonter vers les épaules et redescendre de celles-ci vers la courbure des reins. Mes passages sur ses fesses n’étaient au début que furtifs, mais la chair y semblait si accueillante que je commençai petit à petit à m’y attarder, sans vraiment m’en rendre compte.

À force de caresser ces hauteurs envoûtantes, le sillon qui les sépare s’élargissait singulièrement pour laisser apparaître un délicat cratère qui semblait recouvrir un volcan, ainsi qu’un sillon plus court mais plus profond qui luisait ardemment. Je n’avais plus trop le contrôle de mes doigts qui étaient de plus en plus attirés par ces deux orifices. D’ailleurs, plus ils s’y aventuraient, plus le corps entier que je massais semblait frémir d’aise.

De mon côté, étant nu moi-même, je ne pus m’empêcher de constater que ma hampe était désormais fièrement dressée. Je n’y accordai que peu d’importance. L’accueil que recevaient mes doigts dans leur découverte intime était tel que toute ma concentration s’y délectait. J’explorais des grottes désormais pleinement ouvertes. L’huile de massage se mélangeait à des fluides bien plus magiques. Surtout, je sentais combien à chaque petit mouvement aussi localisé que précis, le corps entier semblait s’embraser. Alors que mes doigts s’insinuaient encore un peu plus loin pour croiser ces deux univers en feu, ce corps mystérieux fut pris d’une véritable transe, accompagné d’un feulement étrange. Je ne savais plus que faire. Je le sus moins encore quand le calme revint me permettant de contempler à nouveau toutes ces courbes exquises.

Elle semblait maintenant dormir. La musique s’était arrêtée. Je me rappelai alors qu’on reste toujours seul une fois que le massage est fini, pour redescendre sur terre à son propre rythme. Je caressai une dernière fois la courbe de ses reins et ses épaules. J’allai me rhabiller et quittai ce lieu mystérieux sans parler à personne. Ma propre excitation avait disparu d’un point de vue physique, sans avoir pu exploser, mais mentalement j’étais maintenant en tension extrême. Et c’était délicieux.

mardi 14 février 2012

Un sein bien caché

Elle m’avait dit : « Je n’en peux plus ! Il fait trop froid ! Ce soir, je prends un bain bien chaud, et puis dodo… ». Je n’avais pas trop su quoi lui répondre. D’habitude, elle est plutôt du style résistante, jamais atteinte par les aléas de la vie. Mais là, il fallait croire qu’elle était au bout du rouleau.

Elle s’était recroquevillée à côté du feu que j’avais allumé, dégustant le cognac que je lui avais proposé. Elle semblait vannée, mais ce trouble dans ses yeux ne faisait qu’attiser sa beauté aussi mystérieuse qu’éclatante.

Après un repas dont elle semblait absente, elle rejoignit la salle de bains tout en me demandant de venir vérifier si elle ne s’était pas noyée. Elle était complètement hagarde et je commençais à m’inquiéter.

Lorsque j’entendis que l’eau s’arrêtait de couler, j’attendis encore quelques instants, puis je me dirigeai vers la salle de bains. Je frappai doucement à la porte, sans aucune réaction. Je pénétrai cette pièce intime, surchauffée. Et je ne vis que lui. Elle était couchée dans la mousse du bain, sur le ventre, ne laissant apparaître que son versant callipyge que même un moine ascète n’aurait pas ignoré.

Je ne l’ignorai pas ! À peine avais-je eu le temps de voir cette pure merveille que je me retrouvai aussi nu qu’un ver et que je me plongeai à mon tour dans ce bain valentinesque. L’eau était chaude. Moins encore que la chair que j’effleurai du bout de mon prépuce. Elle était vraiment en chaleur, c’est ce qui m’émut éperdument. Que son antre le plus intime soit rempli d’humidité, c’était normal. Elle baignait dans l’eau de toute part. Mais découvrir cette chaleur voluptueuse, alors que dehors il faisait si froid, eut un effet direct incommensurable. La partie de moi qui me réjouit le plus avait doublé de volume et se dressait fièrement devant cette ouverture à demi cachée ! Pour moi, cette cachette était surfaite. Et c’est avec un bonheur inédit que je pénétrai cet univers sodomiesque qu’elle m’avait toujours refusé.

Nous étions en plein délire. La seule chose d’elle que je voyais avait la forme d’un cœur et je m’y accrochais autant que faire se peut. C’était bien plus d’ailleurs que de m’y accrocher. C’était une véritable pénétration, autant humide que brutale.

Lorsque j’explosai, j’eus l’impression qu’elle-même entra en transes. Le muscle dans lequel je me trouvais se resserra comme s’il n’avait jamais été ouvert. J’étais littéralement enfermé, incapable de réaliser le moindre mouvement, tout en étant envahi d’une chaleur brûlante. Et l’eau clapotait jouissivement. Libidinalement. Éternellement.

Lorsque enfin son étreinte annulaire se desserra, je pus me retirer tout en en ressentant des plaisirs insoupçonnés. Elle se retourna alors, faisant enfin apparaître son visage lumineux. Elle me dit alors : « Je ne m’attendais pas à ça ! Mais je suis remplie d’une nouvelle énergie incroyable ! Belle Saint-Valentin, mon amour ! ». Je ne pus que me demander, mais qui est donc ce Valentin élevé au statut de sein, alors qu’elle ne m’avait présenté que son postérieur ?

jeudi 2 février 2012

Le baiser

Ce que j’aime, c’est notre baiser. La rencontre de tes lèvres, le jeu délicat du dialogue et de l’ouverture, le chemin à se frayer – doucement et sensuellement – vers l’échange de nos langues, le partage de nos fluides, de nos parfums, de notre profondeur.

Quand ce contact s’établit, que nos langues dialoguent autour de notre amour, que ce dialogue efface toutes les petites et grandes vexations de la journée, que je ne sens plus que ton amour et ta tendresse, que nous nous laissons aller à cette volupté, alors – quels que soient mes doutes, ma fatigue, mon spleen – je sens mon corps entier se gonfler, prêt à te rendre le plus beau des hommages. Ce sont nos bouches qui s’excitent, mais c’est surtout toute ma virilité qui se dresse. Rien que par ton baiser.

Il paraît que les prostituées refusent d’embrasser. Enfin, je suppose qu’il ne s’agit que de certaines d’entre elles. J’admire celles qui le refusent. Elles ont compris que c’est dans ce baiser que réside le véritable acte d’amour. Faire l’amour sans s’embrasser, c’est comme marcher en montagne sans regarder le paysage, ou aller à un concert sans fermer les yeux pour mieux écouter la musique, ou manger au restaurant sans déguster le vin du patron… Mais s’embrasser pour faire l’amour, c’est découvrir le nirvana au-delà du plaisir, c’est transcender l’orgasme pour en faire l’extase, c’est mourir de cette petite mort qui en devient si grande que plus rien n’a d’importance, si ce n’est nos corps qui s’entrelacent et se subliment.

Ce soir, voudras-tu de mon baiser ?

dimanche 29 janvier 2012

Déferlante

Ce fut une vague inouïe !

Ayant encore en bouche les parfums de ses effluves brumeux, je descendis au restaurant. Comme je m’y attendais, elle était là, sublime. Vêtue d’une robe étroite et noire, aux fines bretelles, elle ne pouvait cacher qu’elle n’avait pas de sous-vêtement. Du moins au-dessus. Son sourire – lorsqu’elle me vit – fut resplendissant. Je m’approchai d’elle, lui saisis la main et la lui baisai. Ce geste désuet la ravit, de toute évidence.

Nous nous retrouvâmes là où nous avions arrêté de bavarder dans l’avion. Elle m’exposa les nouveaux développements de ses projets en faveur de la femme, en Afrique. Je lui fis part des miens, en faveur des enfants. Nous refaisions le monde. Un monde où les femmes et les enfants auraient le pouvoir ! Son regard ne quittait pas le mien. Elle était plus belle encore que le souvenir que j’en gardais. Il est vrai que la dernière partie d’elle que j’avais pu voir de près ne reflétait pas nécessairement toute la grâce qui se dégageait d’elle. Quoique !

Lorsque nous eûmes fini de dîner, elle me dit juste « 221, dans un quart d’heure » et se leva, majestueuse. J’eus vraiment l’impression que tous les convives ne regardaient qu’elle. C’était du moins mon cas et je m’extasiais devant cette silhouette féline.

Inutile de dire qu’un quart d’heure plus tard, je me trouvais devant la porte de la chambre 221. Elle était ouverte et je me glissai dans la chambre. Celle-ci était absolument identique à la mienne et pourtant je me retrouvai dans un autre monde. Le parfum était subliminal. Les lampes étaient éteintes, mais il y avait une cinquantaine de bougies allumées, je ne sais comment et par qui. Elle était allongée sur le lit, toujours habillée de sa fine robe noire, et elle me sourit tellement que je sentis immédiatement le centre de mon corps s’animer et m’appeler à des ébats voluptueux. Sans hésiter une seconde, je répondis à cet appel !

Il serait impossible de raconter ce qu’il se passa ensuite. Les mots manqueraient et ceux qui se trouveraient ne témoigneraient jamais assez de la déferlante qui secoua cette chambre 221. Cette femme m’a emmené partout, m’a fait découvrir des univers d’amour absolument prodigieux. Elle s’est donnée comme jamais aucune autre femme ne l’avait fait. Elle n’était plus elle-même, mais nous n’étions chacun qu’une partie de l’autre, totalement imbriquées. Sa jouissance créait la mienne et les contrées d’amour que nous explorions semblaient n’avoir jamais été découvertes par qui que ce soit. C’était le nirvāna absolu. Je vivais tout à la fois le désir des sens, le désir d'existence et le désir d'annihilation. Désormais, je savais que le plaisir total pouvait exister.

Cela dura 5 jours. Ou plutôt 5 nuits. Nous passions nos journées chacun de notre côté à nous occuper de nos différents projets. Mais dès que notre travail s’achevait, nous nous retrouvions dans la chambre 221, sans même passer par le hammam. Nos jeux amoureux nous fournissaient toute la chaleur que nous voulions. Chaque soir, nous dînions ensemble en échangeant dignement à propos de nos espoirs et de nos rêves de solidarité et de respect. Le repas terminé, il s’écoulait un quart d’heure. Pas plus. Et la chambre 221 revivait alors des moments dont elle se souviendra longtemps. Nos corps se buvaient littéralement. Je n’ai jamais connu un tel plaisir.

Le vendredi soir, après une longue journée, lorsque je descendis au restaurant, elle n’était pas là. Je m’en inquiétai auprès du maître d’hôtel. Il me dit qu’elle était partie à l’aéroport. J’avais oublié que voyageant avec la compagnie nationale, mon vol ne partait que le samedi. Lorsque je rentrai dans ma chambre, je trouvai une enveloppe et une rose sur mon lit. J’ouvris l’enveloppe et avec un bonheur prodigieux quoique douloureux, je lis ces quelques mots : « Je n’ai jamais connu une telle déferlante et je ne l’oublierai jamais. Nos corps sont faits pour s’unir, mais nos vies nous délient. Notre lien sera éternel, pour autant qu’on puisse le laisser là où il s’est noué. Une dernière fois, je délire avec vous. Adieu. »

Je ne l’ai jamais revue.