jeudi 3 décembre 2009

Frémissement

Le jour où pour la première fois j’ai caressé ton corps, j’ai frémi à en mourir. Je ne suis pas mort pour autant. Au contraire, depuis lors, je vis. À chaque caresse, j’explore un nouvel univers, je découvre de nouveaux horizons, je hume de nouveaux parfums.

C’est toujours ton corps pourtant, simplement. C’est aussi toujours le mien, plus banalement encore. Mais notre rencontre est telle qu’elle défie tout entendement.

J’ai pu croire parfois qu’il nous fallait aller chercher ailleurs, nous ressourcer dans de nouveaux fluides et de nouvelles sensations. C’est sans doute ce qui m’a amené ici. Mes rêves les plus fous étaient désormais possibles et permettaient de s’envoler au-delà de notre banalité quotidienne.

J’ai continué à caresser ton corps et je frémis tout autant. Lorsque je te pénètre, c’est tout l’univers qui s’offre à moi. Lorsque tu parcours mon corps de tes mains et de tes lèvres, tous les horizons se découvrent. Lorsque je m’abreuve au creux de ta grotte, je m’enivre de tous les parfums du monde.

Qu’il est bon de t’aimer.

samedi 14 novembre 2009

Le creux du sillon

Il suffit de peu. Juste un doigt – ton doigt – qui effleure la ligne qui surmonte mes fesses. J’en frémis immédiatement. Je me sens comme transfiguré, transplanté dans un univers dont je n’ai plus le contrôle.

Parfois, tu es plus audacieuse encore. L’effleurement devient griffure. Parfois même, ton doigt explore le creux du sillon. C’est comme si le monde était réinventé et que je pouvais m’abandonner au plaisir de l’ouverture.

mercredi 11 novembre 2009

Disponibilité

Cela avait dû lui plaire. Je ne sais plus quel prétexte, quelques jours plus tard, l’avait amenée chez moi. Nous parlions de tout et de rien et c’est sans vraiment s’en rendre compte que nos lèvres se rencontrèrent, que nos mains s’activèrent pour nous retrouver nus, l’un contre l’autre, et échanger des caresses d’une douceur extrême.

Notre union dura plus longtemps cette fois, mais fut tout aussi intense. C’était comme si nos corps étaient faits pour vibrer ensemble, se nourrir l’un de l’autre.

Lorsque nous eûmes épuisé notre énergie, nous nous rhabillâmes. Avant de me quitter, après un ultime baiser, elle me glissa à l’oreille : « Tu sais, désormais, je te suis disponible ! Jusqu’au jour où tu auras trouvé ce que tu cherches ». Idiot, je lui demandai : « Pourquoi ? ». Elle me sourit et murmura : « Parce que… et puis, tu me fais jouir… ». Elle s’en alla.

Nous nous retrouvâmes plus d’une fois. Elle était toujours disponible. Et c’était chaque fois une véritable fête. C’est elle qui me fit découvrir le bonheur d’être pris par une bouche chaude et humide. À vrai dire, elle me fit découvrir bien d’autres bonheurs, sa disponibilité étant totale.

Les mois passèrent. Je finis par faire une nouvelle rencontre. Très rapidement, je sus que c’était celle que je cherchais. Elle le sentit aussi et cela se passa comme elle l’avait dit : elle disparut complètement de ma vie. Elle avait sans doute raison, mais depuis – je dois bien l’avouer – sa disponibilité m’a plus d’une fois manqué…

dimanche 8 novembre 2009

Joyau de l’amitié

C’était une période plus difficile. Une belle rencontre s’était terminée et je doutais de mes possibilités de construire ce que je voulais. J’avais atterri chez mon meilleur ami. Nous avons discuté longtemps, lui, son amie et moi. J’avais assisté quelques mois plus tôt à leur rencontre. Elle était belle, fine, douce. J’aimais leur couple.

Après de longs échanges, ils m’ont proposé de dormir chez eux, dans le divan du salon. Ça m’arrangeait bien. Je n’avais pas trop envie de me retrouver seul dans mon appartement. Ils sont montés dans leur chambre à l’étage et je me suis installé, rêveur.

Dans le noir calme, la porte s’est ouverte. Sa main s’est posée sur ma joue. Douce. Elle s’est allongée près de moi. Nue. Elle a posé son doigt sur ma bouche, m’empêchant de dire quoi que ce soit. Elle a alors remplacé son doigt par ses lèvres et elle s’est lovée contre moi. Je n’avais jamais senti une peau aussi douce, un corps aussi bien formé, des lèvres aussi fines et complices.

Nous nous sommes serrés l’un contre l’autre à travers une tendresse inouïe. Rapidement, elle s’est couchée sur moi glissant mon membre tendu dans son ventre chaud et étroit. Nous avons ondulé ensemble, dans un même élan d’amitié. Et c’est encore ensemble que nous avons joui, profondément, silencieusement, sereinement. Nous sommes restés encastrés l’un dans l’autre quelques moments encore, vibrant tous deux aux contractions diffuses qui animaient périodiquement nos apparats de plaisir respectifs. Lorsqu’il n’y eut plus de mouvements, lorsqu’il n’y eut plus que la chaleur de nos deux corps harmonieusement unis, je sentis à nouveau son doigt couvrir mes lèvres et son corps se retirer silencieusement.

Elle est partie comme elle était venue. J’avais trouvé une confiance insoupçonnée, nourrie par l’amitié. La sienne, mais aussi celle de mon ami. Ils m’avaient donné tous deux ce qu’ils avaient de meilleur. Je n’oublierai jamais.

dimanche 1 novembre 2009

En vie, toujours

Tu es en train de lire, me tournant le dos. Je suis allongé à côté de toi, la tête remplie des soucis qui ont émaillé ma journée. Je te regarde. J’ai envie de toi, mais tu lis. Sur ma table de nuit, il y a cette huile parfumée que tu aimes tant. Je la saisis et m’en enduis les mains. Celles-ci commencent à masser, doucement, le haut de ton dos. Dès la première caresse, je te sens frémir. Tu lis encore un petit peu, mais très vite tu fermes ton livre et tu te couches sur le ventre.

Je m’accroupis sur toi pour mieux te masser. Mes mains enveloppent ton dos, tes épaules, tes bras, le creux de tes reins. Ostensiblement, tu te détends. Tu dois aussi sentir ma troisième main, dressée, qui te parcourt le dos en ne sachant cacher son objectif.

Je me retourne pour pouvoir masser tes jambes. Tout mon corps rejoint la plante de tes pieds et remonte dans un mouvement régulier sur tes mollets, tes cuisses et – imparablement – là où tes jambes se rejoignent. Mes doigts s’attardent de plus en plus dans cette intimité où se mêlent huile et cyprine. Tu frémis lorsque mes doigts tentent une douce incursion dans cette grotte humide qui pourtant appelle un autre invité.

Je me place derrière toi, tu te soulèves et nous nous connectons immédiatement. Nos mouvements respectifs s’harmonisent. Mes mains passent désormais de tes seins à ton bas-ventre où elles titillent tes boutons d’amour. Nos souffles se font courts.

Mais tu te retires, tu me projettes sur notre lit de telle sorte à pouvoir à ton tour me masser, si ce n’est que c’est ta bouche qui agit et qu’elle se concentre sur une seule partie de mon corps, celle qu’elle peut engouffrer, enrober et déguster. Je déguste aussi, d’une autre manière.

Je n’en peux plus. Je te couche sur le dos, te recouvre de mon corps comme tu l’aimes et te pénètre à nouveau dans un état d’extase profonde. Nos pubis se collent l’un à l’autre et je sens monter en toi un plaisir incommensurable. Tout ton corps frémit pendant que tu gémis de bonheur. Ton exaltation se prolonge comme si elle n’avait plus de fin. Tes doigts griffent le bas de mon dos, ce qui déclenche instantanément en moi une explosion d’allégresse. Je hurle à mon tour en me déversant en toi. Je n’existe plus. Je suis toi. Nous sommes nous. Nous sommes en vie.

jeudi 29 octobre 2009

Sens

On m’avait parlé d’elle. Je ne sais plus qui. Ni quand. Ni pourquoi. Il – ou elle ? – m’avait dit que je devais la rencontrer, qu’elle dégageait un tel bonheur et une telle sensualité, que nous ne pourrions que vivre une découverte mutuelle mélodieuse. On m’avait glissé son numéro de téléphone. Et je n’y avais plus pensé.

Ce numéro avait traîné sur mon bureau pendant plusieurs semaines. De toute façon, je déteste téléphoner. En mettant un peu d’ordre dans mon fatras de documents, je retrouvai ce bout de papier. Pour la première fois, il m’intrigua.

Je lui envoyai un SMS : « Êtes-vous là ? ». Elle répondit, rapidement : « Je suis là. Je vous attends. »

Qui pouvait-elle être ? Où pouvait-elle être ? Pourquoi m’attendrait-elle ? Je n’avais aucune réponse. Mais ce jour-là, j’humai mon téléphone portable pour essayer de saisir son parfum. Je crus bien le respirer. Il était exquis et ancré désormais dans ma mémoire.

Il ne se passa rien. Un jour, attendant un improbable avion dans un aéroport sordide – comme tous les aéroports – je parcourais mes messages pour les effacer quasi tous. Je tombai sur le sien, au parfum envoûtant.

Je lui écris : « Êtes-vous toujours là ? ». Elle répondit : « Je vous attends. Ne traînez pas ! ».

Je partais pour une mission de deux semaines. Je ne pouvais que traîner. Mais je caressai mon portable du bout des doigts et jamais il ne m’avait semblé aussi doux, aussi chaud, aussi sensuel. C’était sa peau que je caressais. Avais-je déjà caressé une peau plus sensuelle ? Je savais qu’il me fallait encore et encore me laisser envoûter de cette peau inoubliable.

Dès que mon avion de retour atterrit, je lui téléphonai. Je lui dis :
— C’est moi !
— Je sais. Viens.
— Où ça ?
— Tu le sais…

Je le savais. Effectivement. Entendre sa voix m’avait bouleversé. Elle était d’une telle chaleur et d’une telle densité. Je connaissais son parfum et sa peau. Sa voix leur donnait une force inouïe. Je devais la voir.

Je me suis rendu là où elle était. Il y faisait sombre, mais son parfum embaumait les lieux dès que j’y entrai. Je vis la lumière et m’en approchai. Ce que mes yeux découvrirent était d’une telle volupté que j’en frémis au plus profond de moi. Son corps nu, aux courbes profondes, était là, offert, m’attendant, simplement.

Je m’approchai et m’agenouillai auprès d’elle pour mieux la regarder. Elle était sublime. Oserais-je la toucher ? Je sus alors que je devais l’embrasser pour la goûter pleinement. Mes lèvres se posèrent là où elles le pouvaient, là où elle s’offrait. Instantanément, ce fut un miracle.

« Il y a très peu de choses que nous puissions connaître par les cinq sens à la fois. » [Georg Christoph Lichtenberg]. En réalité, il n’y en a qu’une. Ce n’est d’ailleurs pas une chose. C’est la femme. Je l’ai connue.

dimanche 25 octobre 2009

Déferlement

Je m’émerveille toujours devant ce déferlement de tous les sens, cette explosion qui surgit au plus profond de ton corps pour t’envoyer vers des horizons dont je ne peux pas imaginer l’intensité et la libération.

L’orgasme masculin est souvent brutal, extériorisé, fulgurant. Celui de la femme est un sommet qui s’éternise, un basculement en spirales successives qui déverse des torrents de frissons et d’étincelles.

Les mots n’ont alors plus de sens. Il ne reste que ces corps qui vibrent ensemble, qui célèbrent leur communion dans un mouvement céleste et divin.